03 septembre 2008
je dois être hors saison (salut à toi, francis, si tu me lis)
Ca fait bien depuis juin qu'ils nous gonflent avec leur "rentrée à prix cassés", "Top model plus qu'élève modèle" et autres jeux de mots qui puent le cartable neuf.
Ca y est, ils ont gagné, on y est.
Vous me direz, ils nous auraient pas gonflé avec ça qu'on y serait quand même, au moment de la rentrée. Et je vous répondrais que je suis bien aise de constater que vous n'avez pas perdu en vivacité malgré les apéros estivaux à rallonge, chers lecteurs.
Hier j'étais chez ma tante et ses trois enfants. Malgré leur torse velu et leurs barbe naissante (aux deux fistons hein, la mère et la fille se portent bien, merci pour elles), ça parlait rentrée des classes. Et horaires. Et prof. Et classe. Et cahiers à couvrir. Et carnets de correspondance. Et formulaires à faire signer.
Ca sentait bon l'excitation des débuts et les bonnes résolutions de septembre. Le crayon papier bien taillé et le stylo 4 couleurs au taquet. Les "noms", "prénoms", "personnes à contacter en cas d'urgence" bien écrits et les provisions de feuilles A4 grands carraux bien alignées.
Bon je vous rassure après on a parlé traces de pneu jusqu' à la fin du repas.
Ca m'a donné envie de m'acheter un agenda avec des chats, pour que mes copines écrivent dedans qu'elles sont trop trop contentes d'être dans ma classe. D'avoir une gomme bleue et rose et un cartable sans roulettes parce qu'avec c'est trop la honte. Une règle en fer pour y écrire des citations au blanco et une trousse en cuir pour y dessiner une feuille de cannabis. De préparer mon sac pour demain et de dire qu'il est trop lourd, d'avoir un peu mal au ventre, juste avant l'appel, de bassiner mes parents avec le détail de mon emploi du temps et du numéro des salles, et de mettre entre parenthèses sur mon cahier de texte ce qui est déjà fait, parce que barrer ça fait vraiment trop moche.
Moi j'ai pas eu trop de rentrée. J'ai l'impression d'entendre parler d'une soirée à laquelle je suis pas invitée. Ou d'aller à la montagne en été. Comme l'impression d'être hors saison.
Heureusement, hier, quand je me suis réveillée, j'ai vu que Karine Lemarchand des Maternelles était reviendue, et que Jean-Luc Delarue de toute une histoire aussi.
Karin, Jean-Luc, c'est un peu vous ma rentrée.
Dans ma classe je me sens un peu seule mais au moins il y a personne qui vient m'emmerder.
J'ai pas de devoirs pour demain. Ni pour après-demain. Ni même pour les jours qui suivent.
Maîtresse, si tu pouvais passer la seconde ça arrangerait bien mes petites affaires, parce qu'à ce rythme là je vais être obligée de finir par bouffer mon tube de colle UHU.
Kmille, en mode tenez, si vous voulez encore un peu de rentrée
