Ca faisait longtemps que je voulais vous parler de deux pièces de théâtre vues récemment, et qui valent le détour.

La première, « Entre deux étages », parle de deux ex qui se retrouvent coincés dans un ascenseur.

Moi les histoires d’ex ça me parle toujours, et celle-là en particulier parce qu’il y en a tous les ingrédients : la distance du début, réelle ou simulée, la colère, les regrets, les non-dits, les rancœurs.

Puis la complicité qui déborde et rejaillit malgré nous et malgré tout (Ca pourrait faire le titre d'une chanson de Céline Dion, tiens). Le sentiment éclair et l’espoir fou que peut-être cette fois, les choses seront différentes. Et la certitude soudaine et violente que rien ne changera vraiment : ni l’autre, ni nous, ni ce qui nous séparait, ni ce qui nous rassemblait. ("on ne change paaas, on met juste les costumes d'autres sur sooooi" comme dirait l'autre)

Et enfin l’évidence que dans la vie, tout est question de timing, qu’on se rencontre parfois trop tôt, parfois trop tard, et que parfois il était trop tôt mais qu’il est maintenant l’heure, ou qu’il était trop tôt et que c’est maintenant trop tard.

Si ces mouvements dans le temps vous ont pas collé la gerbe et que vous voulez savoir si entre eux-deux il est trop tard, trop tôt ou enfin l’heure, je vous invite à aller faire un tour en Avignon en juillet où cette pièce se jouera désormais puisque c’est à la dernière représentation parisienne que j’ai assisté. 

La seconde, c’était « Le meilleur amant que tu aies eu » : un soir, un lit, une femme, un homme. Elle est belle, à moitié nue, elle veut dormir ou faire l’amour. Il n’arrive pas à dormir, ni à faire l’amour (pourtant, Dieu sait qu'elle a de bons arguments), il doute d’elle, de lui, d’eux, et ça fait du bien de voir que c’est pas qu’une affaire de filles.

Elle n’a qu’une certitude, c’est qu’elle l’aime et que c’est bien comme ça. Dans le couple c’est lui la gonzesse, celui qui questionne, qui pinaille, qui interroge, qui a besoin d’être rassuré, qui récolte les regards agacés et les soupirs exaspérés.

Il est envahi par les questions à la con, de celles qu’on s’est toutes tous posés mais qu’on a pas formulées, sans doute parce qu’on en redoute les réponses. Lui se lance, moins par courage que pour essayer de trouver une légitimité à leur histoire : ils se sont rencontrés sur Internet, et il en tire une obsession du manque de spontanéité, de l’absence de hasard qui fait normalement les plus belles histoires, et du côté préfabriqué de leur rencontre.

Pour la petite anecdote, juste avant d’y aller, j’étais dans un café à côté d’un homme et d’une femme. Rapidement j’ai compris qu’ils se rencontraient pour la première fois, après avoir fait connaissance sur Internet, justement. J’avais l’intention de vous brosser les grandes étapes de ces rendez-vous particuliers, mais ça sera pour demain si vous le voulez bien.

Le présent billet aura donc été exclusivement consacré à la culture, ce qui est une bonne nouvelle car ayant relevé un peu le niveau aujourd’hui, j’aurais le droit de dire plein de fois bite et couille dans celui de demain.

Chouette alors.

Entre deux étages, d'Ambre Kuropatwa, du 8 au 31 juillet à 18h à l'Antidote Théâtre d'Avignon, réservations au 09 53 64 01 76.

Le meilleur amant que tu aies eu ? d'Elie Sasson, les 22 (19h30), 23 et 24 mai (20h) au Théâtre Essaion, réservations ici