Café de filles

Prenez un café (ou un verre de rouge). Une copine (ou plus). Un paquet de cigarettes (ou des nicorettes). Mélangez. Ecoutez… C’est fou ce qu’on peut se dire comme choses intelligentes ou moins, entre gonz', autour d’un café...

31 mai 2009

Des niouses

Amis lecteurs, foule en délire, public adoré

Qui va plus m'adorer longtemps d'ailleurs, si je continue à ce rythme-là. Mais que veux-tu mon petit, j'ai une vie maintenant en dehors de toi, et eu quelques broutilles à gérer ces derniers temps.

Genre trouver un appart. Vu que j'aime pas faire les choses à moitié, j'en ai trouvé deux, finalement. Et j'ai donc signé deux bails, et payé deux loyers.

Parce que t'as des gens qui font font une demande de logement social, qui attendent longtemps, très longtemps, très très longtemps, puis qui finissent par avoir une proposition et par lacher leur appart pour s'installer dans leur bel HLM à l'odeur de produits à lustrer le bois, avec napperons sur tous les meubles et scènes de ceuillette de fleurs un 15 novembre dans le Larzac sur le carrelage de la salle de bain.

Et puis t'as des gens moi qui fait une demande de logement social, qui attend relativerment longtemps, qui commence par plus voir ses pieds ni toute autre partie de son anatomie située en deça de son nombril, alors qui se dit qu'elle ferait bien par conséquent de se bouger un peu le boule. Alors qui finit par chercher un appart, et même par le trouver. Qui va signer le bail, et qui, en sortant de l'agence, reçoit un coup de fil de l'organisme d'HLM qui lui propose un appartement. Avec pour le même prix que le premier 20m2, une chambre, une sallde bain, une cave et une place de parking en plus. Finalement, dans l'affaire, je n'aurais perdu que les frais d'agence et un mois de loyer. 950 euros. Ma prime de naissance, quoi.

Me voilà donc installée dans un appart dont les chiottes font à peu près la taille de mon ancien. Il y a des portes, des pièces, parfois quand quelqu'un est chez moi je peux ne pas le voir et parfois même je le fais répéter parce qu'on est tellement loin qu'on s'est pas entendus.

J'ai aussi eu, sur les conseils du médecin, à croiser les doigts pour que ma fille ne débarque pas trop tôt. Puis à finir par croiser les cuisses parce que c'était quand même plus efficace.

Visiblement, je l'ai bien fait. Parce qu'on est quand même à J-4 et qu'il ne se passe rien. Même pas une perte de bouchon muqueux à vous raconter.

Des drôles de sensation, un peu, ces derniers jours, s'apparentant à des tournevis qu'on vous planterait dans le bas du dos avant de les tourner allégrement dans un rictus pervers (très drôle comme sensation, puisque je vous le dis). Mais une heure après, je gambadais à nouveau comme un jeune cabri en émoi, et j'en déduis que ce que j'ai ressenti, par rapport à ce que je vais en chier ledit jour, c'était du pipi de chat.

Un pénom à trouver, aussi, puisque mon idée de départ a fait l'unanimité auprès de tous, sauf du papa de mon bébé. Et puis c'est pas plus mal finalement. C'était "Brune", et pour peu qu'elle ait été un peu dyslexique, elle se serait quand même présentée comme s'appelant "Burne", et ça, j'étais pas sure d'assumer.

Et maintenant, tout est prêt. J'ai prononcé son prénom 1000 fois, mis ses couches dans sa chambre, bouclé mon sac de maternité, stérilisé mon tire-lait pour pouvoir enfin me la coller à la sortie de la maternité, préparé la liste des personnes à prévenir, affecté un car de fans au départ de Paris et même promis à ma fille de lui acheter son premier string à 12 ans si elle sortait avant lundi.

Et maintenant, j'attends. Avec un mélange d'excitation et de peur. Un peu comme si vous saviez que dans 4 jours au plus vous alliez vous prendre les deux petits doigts de pied dans un meuble, alors que vous marchiez à 250 km/h. Et que vous aviez quand même vachement hâte d'y être.

Je vous embrasse tous, un par un (on est pas tous les jours en congé maternité), merci pour vos petits mails et coimmentaires plein de gentillesse, qui ont la fâcheuse tendance à me coller la larmichette et le menton qui tremble.

C'est la dernière fois que je vous parle avec le périnée musclé, et je sais pas vous mais moi ça me fait tout drôle. Ce qui se passera par la suite entre ce blog et moi, je sais pas, mais promis si je migre sur Magicmaman je vous balance le lien.

kmille, en mode comme-ça-vous-saurez-tout-sur-ses-colliques

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13 mars 2009

Mini sondage

Deux billets en deux jours... M'enfin t'enflammes pas hein, je te rappelle que j'ai d'autres choses beaucoup plus intéressantes à faire en ce moment, comme organiser une fusillade à la sécu ou muscler mon périnée (quand j'aurais compris où il est).

Non en fait aujourd'hui, c'est moi qui ai besoin de ton aide. Et crois-moi, je vais pas me priver. Puis je sais que tu diras pas non puisque s'il y a bien une période où on te refuse rien, c'est celle de la gestation. Tu pourrais chier sur la table qu'on te dirait qu'on est content que t'ais bien mangé.

En ce moment, je me pose des questions. Plein même. Mais je vais t'épargner celles sur les flatulences de la femme enceinte, l'épisiotomie et la descente d'organes. Celles-là je les garde de côté avec photos à l'appui, pour le cas où tu me répondrais pas.

Non ce qui m'intéresse, tout de suite maintenant, c'est de savoir si, honnêtement...

Tu pourrais consulter un psy névrosé ?

Tu confierais tes cheveux à une coiffeuse avec une coupe de merde ?

Tu ferais refaire ta déco par une fana de naperons en dentelle et de carrelages fleuris ?

Tu as déjà pris le train ?

Tu irais voir un dentiste qui pue de la gueule ?

Si tu as répondu "oui" à UNE SEULE de ces questions, j'ai une bonne nouvelle pour toi. Surtout si tu es une femme.

Dans quelques heures (tarde pas trop quand même, ça ferme à 19h hein), tu sauras peut être enfin comment fonctionnent les hommes.

Un matin je me suis réveillée et je me suis dit que tout cela ne pouvait plus durer. Que le savoir n’avait de sens que s’il se divulguait, que science sans conscience n'était que ruine de l'âme, que pierre qui roule n'amassait pas mousse et que tout le monde se lève pour Danette. Que je ne pouvais pas décemment garder tout ça pour moi toute seule. Que j'étais certainement entourée, même tout près de moi, de femmes esseulées, comme toi lectrice qui est en train de maculer ton clavier de miettes de la boîte de pâté pour chat que tu t'enfiles goulûment et que peut-petre, à mon échelle, je pouvais faire quelque chose pour leur salut. Et pour le tien donc, aussi. Non ne me remercie pas j'ai pas fini.

Alors j’ai écrit un livre.

1945v

En sous-titre, je voulais mettre

"Camille, 25 ans, jeune mère célibataire, vous dévoile enfin tous ses secrets pour trouver le bon... Et le garder pour toujours !".

Mais l'éditeur n'a pas voulu.

Trève de plaisanterie, on sait tous que les cordonniers sont les plus mal chaussés, et que c'est comme ça qu'ils deviennent forgerons (ou quelque chose comme ça).

Et si t'es pas convaincu, demande à mes copines, je suis de super bon conseil, quand c'est pas pour moi.

Puis après tout, tu t'es déjà demandé si ta gynéco avait des mycoses ?

kmille, en mode bon-alors. Non-mais

Ps : puis si malgré tout t'as vraiment pas confiance, tu pourras au moins garder la couverture illustrée par la grande Penelope Bagieu, et les pages, au pire, ça te fera une litière pour ton chat. A défaut d'avoir à manger, ça sera toujours ça de pris. Pauvre bête.

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11 mars 2009

Et ta soeur, elle sert à quelque chose ?

Parmi les choses que je sais pas faire, à part garder un mec faire bouger mes oreilles, c’est faire du tri.

Pourtant, c’est comme garder un mec faire bouger mes oreilles, j’aime bien l’idée. Puis en plus de bien aimer, j’ai pas beaucoup le choix puisque quand tu fais tes cartons, à part noter sur 18 d’entre eux : « DIVERS », parce que « Bordel dans tous les domaines que je vois même pas comment l’utiliser mais bon on sait jamais » c’est trop long, je vois pas beaucoup d’autres solutions.

Bah oui, on sait jamais, ça peut servir. A quoi, je sais pas. Mais ça peut.

Ca commence avec les fringues. Parmi elles, il y a celles que tu mets tout le temps et que donc, forcément, tu gardes. Ca va, tu suis jusque-là ? J’espere parce qu’à partir de maintenant, ça se corse.

Après ya celles que tu n’as jamais mis. Ou une fois. Mais que bizarrement tu te résous pas à jeter une bonne fois pour toutes. Quitte à te trouver des occasions improbables qui feront que « oui mais là, franchement, ça peut servir ». Et du coup, tu te retrouves avec trois jeans dont même Emmaüs voudrait pas, « au cas où tu dois faire des travaux de peinture dans un appart ».

Ce qui pourrait presque bien tomber, finalement, si t’étais pas enceinte de 7 mois le jour où tu aurais, effectivement, des travaux de peinture à faire dans un appart.

Dans le lot il y a aussi la chemise blanche. Trop transparente pour être mise. Mais trop mettable pour être jetée. Heureusement, idéale « pour un après-midi d’été autour de la piscine où tu aurais juste à l’enfiler avant de passer à table ». Sachant que bien sur, non seulement tu te la coltineras dans ta penderie pendant encore 5 mois, mais aussi dans ta valise pendant tes quinze jours de vacances. Et que, par un bel après-midi d’été autour de la piscine avant de passer à table, t’enfileras le tee-shirt avec lequel t’es descendue.

Puis ce qui est bien avec ce genre d’occasions, c’est que tu peux en trouver plein d’autres pour toutes les merdes qui polluent ton appart, en y mettant un peu de bonne volonté. Cette boîte en bois de 10 cm de long sur 4 de large, elle pourra toujours te servir à abriter une armée de mini-couverts. Puis c’est pas comme si t’en avais déjà douze, des comme ça, dans ton carton « boîtes ».

Faut pas croire y a quand même des trucs que j’ai mis de côté. Dans un tas « à donner ». Et là tu regrettes encore plus que d’habitude de ne pas faire partie de mon entourage proche. Et t’as bien raison, parce que tu es passé à côté d’une tête de panda en verre remplie de papier de soie fushia, d’un presse-papier en forme de planète chronopost et même d’un repose-cou un peu crevé mais qui met quand même 20 bonnes minutes à se dégonfler.

Mais pleure pas, dans ton malheur t’as un peu de chance, mon entourage a gentiment décliné mon offre et je m’apprête à faire un lot sur e-bay. En cadeau, il y aura peut-être même 3 bougies chauffe plat.

Par contre, j’ai réussi à jeter. Un peu. Encore hier, quelques vieux dossiers de presse et un grand lacet, seul.

Puis aujourd’hui, en voulant fermer ma valise de fringues, j’ai pété la petite languette de la fermeture éclair, et je n’avais plus de prise pour la tirer. Je me suis dit qu’un grand lacet noir à accrocher dedans, ça aurait été bien pratique.

Alors j’ai pleuré.

Kmille, en mode par-contre-j'ai-pas-encore-eu-besoin-de-petite-boîte

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18 février 2009

Je crois que je me range

Je cherche le bon.

Je sais, ça peut paraître surprenant et un peu prématuré. Mais que voulez-vous, c'est l'effet hormones. Et il y en a plein qui l'ont trouvé, je vois pas pourquoi moi, j'y aurais pas le droit.

Certes, ma situation rend les choses un peu difficiles. Accueillir un enfant en même temps que la maman, ça en rebute plus d'un et ça limite les possibilités.

Mais il doit bien y en avoir un, quelque part, qui nous rendra heureuses.

Avant d'être enceinte, j'en ai connu pas mal. Des biens, des moins biens. Avec les moins biens, parfois j'ai mis du temps à partir. Je me disais que c'était mieux que rien, et qu'ils feraient l'affaire pour un temps.

Mais là, c'est plus pareil, parce qu'on est deux. Alors plus question de prendre les choses à la légère.

Depuis que je suis enceinte, je ne vous cache pas qu'il y a eu quelques rencontres. Je peux même vous avouer que j'ai été tentée, au début, de me jeter dans les bras du premier venu. La peur d'être seule, le besoin d'être rassurée, de pouvoir me projeter, sans doute.

Puis je me suis dit que je ne devais pas m'emballer. Que j'avais encore un peu de temps, quand même, avant d'être un cas véritablement désespéré.

Alors j'ai laissé allumés mes radars, et j'ai continué à cherchotter. Mais il n'y a pas eu d'évidence. En fait, si, une fois. Un presque coup de foudre. Sauf qu'il était pas réciproque, et que c'est lui qui ne voulait pas de moi. J'avais du viser trop haut, tous les deux on jouait pas dans la même cour. 

Parfois je me dis que je suis trop exigeante. Puis parfois je me dis que non. Qu'attendre d'en trouver un plutôt mignon, plutôt charmant, plutôt accueillant et plutôt facile à vivre, c'est pas la lune non plus.

Le problème, c'est que ceux-là ne sont plus libres, forcément. Et que ceux qui sont pas pris, bah ce sont les autres. Ceux qu'ont trop vécu ou pas encore assez, ceux qui sont surement charmants, mais pas très engageants, ceux qui ont trop de caractère, ou pas assez.

Du coup moi et ma bosse on accumule un peu les déceptions. Il paraît que c'est quand on cherche le moins qu'on trouve, mais on fait comment quand on a vraiment envie ? On fait semblant que c'est pas vrai ?

Je crois plus vraiment au coup de foudre. Puis plus vraiment à mes critères non plus. Je me dis que s'il existait, celui qui y répondait, je l'aurais déjà rencontré. Alors je laisse venir, et je laisse leurs chances à ceux qui rentrent pas dans mes cases. Peut être qu'à défaut de fusionner, on apprendra à s'aimer.

Bordel je me rappelais plus que c'était si prise de tête, de trouver un appart.

Kmille, en mode un-F3-à-300-euros-c'est-quand-même-pas-compliqué

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25 janvier 2009

Heureusement qu'on a pas (tout à fait) réussi

"Deviens qui tu veux être" ça sonne tellement bien que ça pourrait faire un slogan CK one où la fille dirait ça avec l'accent anglais sur un fond noir et blanc, ou même un pseudo msn d'ado du genre ///LoOOoVe yOOuuU ArE FlOwErS In ThE AiR%%:d///xxxJeAlOuS BaBy))XXMaIs POuRqUoI La SOrCieRe eSt eLlE Si MEchAnTE?? ^^^:D/// DeVieNs Ki Tu Ve AiTre

Devenir qui on veut être c'est un peu le must de la tendance, comme avoir un ami homo ou un tee-shirt Obama. Heureusement qu'on est pas trop tendance quand même. C'est vrai quoi, vous imaginez la loose si on était ce qu'on avait rêvé d'être quand on était petits ?

Déjà, tous les mecs seraient pompiers et toutes les filles seraient princesses ou maîtresses. Sauf moi, je serai libraire. Au moins ça serait pratique, j'aurais pas de concurrence. Et je pourrais fournir les écoles, qui seraient nombreuses, forcément.

J'aurais la jambe dans le platre, des lunettes et un appareil dentaire. Une vraie bombe, quoi. Et un mari courageux. Et pompier, forcément.

J'exercerai ma profession à Bois-Guillaume, près de Rouen, charmante bourgade sans âme qui vive sauf celle des derniers survivants de ma famille.

Mais en vrai, j'habiterai une ferme dans le Sud. Ce qui serait particulièrement pratique pour les allers retours, avec mes béquilles. D'autant plus que j'aurais 6 enfants, dont trois paires de jumeaux.

Habillés pareil, par deux, les enfants. Et avec des prénoms de jumeaux : Léo et Léa, Cléo et Cléa, et Théo et Théa.

Les prénoms chouettes ça serait une affaire de famille d'ailleurs, puisque je m'appelerais Ludmilla.

J'habiterais avec mes parents, ma meilleure amie Manouche et les siens, de parents. Je pense que ça serait vraiment la grosse marade. Et que nos maris, collègues de casernes, seraient les hommes les plus heureux du monde.

On serait mariées avec nos pères, mais ça dérangerait pas particulièrement nos mères. Qui seraient donc en même temps belles-mères et grands-mères de nos enfants, eux-mêmes à la fois demis-frères/soeurs et enfants de nous-mêmes.

Kmille, évidemment-ils-seraient-pas-handicapés-et-tous-très-bien-dans-leur-peau

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20 janvier 2009

La vie est bien faite

Il n'a pas de bec de lièvre. Et pas de testicules non plus. Il est une fille, en quelque sorte. On m'avait mis sur la piste à la dernière écho (oui, je parle comme une future mère, faudra vous y faire) mais il y avait encore la possibilité qu'il ait un petit zizi comme son père non détectable à l'échographie. Cette fois c'est sûr. Ou alors faudra envisager une chirurgie réparatrice à la naissance. Au pire, j'avais mis de l'argent de côté pour le bec de lièvre.

Je vais avoir une fille. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde. Surtout de celui de mon père, à en juger par le "Ah. Encore une fendue." profanée à l'annonce de la nouvelle. Faut dire que le pauvre homme a quand même épousé une femme qui a engendré quatre filles et un fils, lequel a à son tour épousé une femme, qui a elle-même engendré deux filles. Entre temps, il a quand même pris le temps d'acheter un chien. Qui se trouve être une chienne.
Bref, les fendues ça le connaît, et c'est bien beau tout ça, mais c'est pas elles qui vont perpétuer le nom de la famille.

Puis il y a des gens aussi pour qui avoir une fille, c'est moins cool qu'avoir un garçon. Et qui accueillent la nouvelle avec un peu de compassion et une main sur l'épaule, genre "ça va quand même ?". Un peu comme quand t'as pas eu de mention à ton bac, genre c'est toujours ça, et puis t'as fait ce que t'as pu, t'inquiète pas, la prochaine fois ça sera peut être la bonne... Comme si le fait d'engendrer un garçon était plus compliqué que celui de faire une fille. C'est vrai qu'en soi, va comprendre comment tu peux créer un appareil génital masculin sans en avoir en toi (ou alors pas longtemps. Rooo ça va hein, 19 secondes c'est pas longtemps quoi)...

Mais bref, une fille c'est pas mal non plus. Je dirai même que ça tombe carrément bien. Je connais mieux les gonzesses finalement, moi. Leur intimité surtout. J'ai pas eu de petits frères moi.
- Sage feeeeeemme, sage feeeeeeemme, c'est quoi CA ?
- Bah euh quoi CA ?
- CA... Là !
- ... Un zizi
- ...
- ...
- Un zizi ? Comme c'est amusant. Mais à quoi ça sert-il donc t-il peut bien-t-il servir donc ?

Puis je sais pas comment ça marche moi, tout ça. Pas que j'en ai jamais approché (grillée pour grillée hein, même ma grand-mère elle m'a pas cru quand je lui ai dit que je comprenais vraiment pas comment "c"'était arrivé), mais j'ai jamais eu beaucoup l'occasion d'en laver par exemple voyez-vous. Dieu merci.
Petit, il m'aurait pas posé beaucoup de questions. Mais après, j'aurais fait comment, moi, quand il serait arrivé en panique un matin en criant "Mamaaaaaaan, z'ai le zizi tout duuuuur !" ?
- "Oh mon amour je crois que c'est une maladie très grave viens faire un dernier bisou à maman" ou plutôt l'option
- "Mais tu es vraiment dégoutant ! Va au coin et que je ne t'y reprenne plus" ou comment castrer efficacement un enfant pour qu'il aime jamais une autre femme que sa moman. ?

Non, vraiment, je crois que j'aurais pas été au top. Et je pense que j'aurais eu du mal avec la notion de virilité. Au début de ma grossesse, j'étais sure d'attendre un garçon. Déjà, mon instinct maternel faisait ses preuves. Et je me demandais comment ça s'élevait un garçon, pour qu'il devienne un homme, un vrai. Pour moi les doudous c'était jamais assez viril, Fais Dodo Cola mon petit frère c'était pour les petits joueurs, les frises à nounours dans la chambre et les boudoirs c'était pour les tafioles. Le pauvre enfant se serait endormi en serrant sa clé à molette, bercé au son de Metallica dans sa chambre aux posters de Myke Tyson, après avoir bu son biberon de bière.

Et il y a bien un jour où on aurait dû jouer ensemble. Et il paraît que les petites voitures qui vont faire le marché, ça se peut pas, et que les Goldoraks ils ont pas le droit de se marier. AU bout d'une demie heure, de trois accidents et de quatre morts, à court d'idée, j'aurais laché l'affaire avant de me rendre compte qu'il dormait depuis 27 minutes. Puis un gamin élevé par une mère qui différencie pas une twingo d'un Vélib, il y a quand même peu de chances qu'il soit un jour capable de changer une roue.

Bref, la vie est bien faite, et c'est une fille que je m'apprête à accueillir. Je mettrai du rose partout et on jouera à la marchande, je lui chanterai Cola mon petit frère et je lui lirai du Marc Lévy. Non quand même pas. Elle mangera des boudoirs et elle me demandera comment on fait pour repasser. C'est quand même plus pratique que s'il me demandait comment pisser debout. Dommage que je sache faire ni l'un ni l'autre.

Kmille, et-peut-être-même-qu-on-se-prêtera-nos-strings

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17 janvier 2009

Métier passion, métier de cons (parfois)

Dans la vraie vie normale, quand un employeur vous doit de l'argent, il vous le donne. Dans le monde fabuleux du journalisme, c'est pas aussi simple que ça. Dans le monde fabuleux de ma vie, c'est beaucoup plus compiqué que ça. Heureusement qu'on peut en rire, c'est pas comme si c'était la crise ou que j'étais en cloque. 

Dans le monde fabuleux de ma vie, d'abord il faut lui envoyer 54 mails avant qu'il daigne vous répondre. Le premier, il commence par "Salut xx, qué tal depuis la dernière fois ?(oui, dans le monde fabuleux de mon travail, on se tutoie même qand on ne se connaît pas, et on mélange les dialectes). Dis-moi, rien d'urgent, mais à l'occasion, pourras-tu me dire où se sont envolés les 950 euros que tu me dois ? Lol ;)" Oui, dans le monde fabuleux du journalisme, on rit beaucoup et on s'amuse d'un rien.

Le 54 ème mail, il est plus concis et plus "straight to the point", du style : "Un recommandé avec AR part cet après-midi concernant la somme que vous me devez. Cordialement." Oui parce que Bibi elle a beau être bien bonne, ya un moment où faut pas quand même la chauffer trop. Quand on la cherche, on la trouve, elle prend les choses en main et elle passe même au vouvoiement, attention, ça rigole plus.

Attention, jeunes inconscients innocents qui hésiteriez à vous lancer dans la merde le journalisme, sachez qu'il existe quelques règles à connaître : dans le monde fabuleux de la pige, il y a des bugs d'e-mails, qui font que de temps en temps, surtout en période de crise, vos empoyeurs reçoivent vos mails à hauteur d'un tous les 54. Par chance, c'est sur celui-là qu'ils sont tombés mais alors vraiment, les autres, impossible de savoir où ils sont passés. Ils sont surement en train de faire une partouze avec les 950 euros.

Dans la vraie vie, j'imagine que l'employeur en faute se sent un peu ballot de n'avoir pas payé. Dans le monde fabuleux du journalisme, l'employeur a, lui, des arguments pour ne pas te payer quand tu lui réclames ton dû. Et attention pas n'importe lequels.

- Franchement, Camille, c'est vraiment pas gentil. Non, c'est même très méchant patron. Mais je te signale qu'hier une caissière m'a demandé de payer ce que j'avais dans mon caddie. Chacun son tour, merde.

- Enfin Camille, tu peux pas faire l'effort de renoncer à cet argent tu imagines bien que c'est la crise financière pour nous. Et pour moi, connasse.

- Oui mais nous on a plus de frais que toi ! Sans commentaires.

- Tu gaches tout, parce qu'on était vraiment contents de ton travail. Donc vous payez peut-être seulement ceux qui font de la merde, pour être surs de rien gâcher ?

- Je te préviens, si on te paye, on gardera vraiment un très mauvais souvenir de toi. Ouah. C'est ce qu'on appelle un coup bas. Non. Tout mais pas ça. Gardez plutôt votre argent et un bon souvenir de moi.

kmille, en mode je-l'aurai-un-jour-je-l'aurai

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14 janvier 2009

Il est où le petit monstre ?

Demain je saurai s’il a un bec de lièvre. Mon obsession depuis le début.

Et aussi, accessoirement, s’il a bien 5 doigts à chaque extrémité.

Vous me direz, le bec de lièvre, ça s’opère, c’est pas grave, tandis que les trois doigts à chaque main, c’est plus chiant. Pas toujours. Pour apprendre à compter jusqu’à six par exemple, c’est plus pratique.

Puis vous savez, en tant que future-mère-qui-va-donner-la-vie je peux vous le dire, les angoisses de ce type, c’est pas toujours très rationnel.

Heureusement qu’il y a des gens pour vous remettre un peu les pieds sur terre, comme ma sœur qui me disait récemment : « enfin arrête avec ce bec de lièvre il y a plus de chances qu’il soit trisomique, atteint d’une maladie grave ou rare ou roux ». Oui, c’est vrai, merci bien, j’avais pas pensé à tout ça.

Puis il y a les autres, ceux pour qui « ya pas de raison qu’il en ait un ».
C’est vrai qu’a priori, il y a pas vraiment de raison. Les 13 personnes de ma famille qui étaient nées avec un bec de lièvre, c’était pour du faux, pour faire rire le papa. Bizarrement, ça l’a pas beaucoup fait rire.

Mais il n’y avait pas vraiment de raison non plus que je tombe enceinte. Ni pour que je me fasse chier dessus par le seul pigeon du quartier avant-hier, alors qu’on était une bonne centaine assis sur les bancs.

A ça je réponds donc qu’il n’y a pas plus de raison que ça n’arrive pas. Une chance sur deux quoi. Soit il en a un, soit il en a pas.

« Vu comme ça, dixit une ex amie pour me rassurer, il y a aussi une chance sur deux qu’il naisse avec un anus sur le front ou une verge derrière la nuque. »

Moi : «  Ou une seule couille ? »
Elle : « Voilà. Ce qui est quand même plus triste qu’un bec de lièvre. Surtout si c’est une fille ».

A propos, c’est ça que je saurai aussi. Pas la couille, le sexe (5 mots, deux à fort potentiel référençable, si c’est pas du grand art ça).

Disons que j’aurai une confirmation. Mais comptez pas sur moi pour vous le dire maintenant, vous voulez pas non plus sa taille pendant qu’on y est ? Ya pas marqué journal intime de grossesse hein.

Kmille, en mode non-mais

Ps : 21,5 cm

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11 janvier 2009

Come back

Plus de trois mois d’absence, et pas une explication la bougresse.
Certains s’en sont doutés. D’autres l’ont suggéré. Peut-être qu’il y avait « quelqu’un » derrière tout ça.

Et bien oui, les amis, je vois que les mois passés n’ont rien changé à votre intelligence et à votre perspicacité (et à votre beauté et à la taille de votre phallus ou de vos seins, c’est bon, je suis pardonnée maintenant ?). En effet, derrière tout ça, il était une fois quelqu’un.

On s’est connus début septembre, mais c’est qu’un mois plus tard que je l’ai vraiment remarqué. Il avait été discret, genre pas envahissant. Il a eu raison, j'aime pas qu'on se fasse remarquer.

Un mois sans se remarquer, c’est long. Mais vous savez ce que c’est, on regarde partout autour de soi, surtout loin devant, sans prendre le temps de regarder juste à côté de nous. Tout près même.

Après, ça a été plus compliqué. Normal, je suis pas réputée pour être particulièrement simple comme gonzesse.

D’abord, il y avait le fait que c’était pas le meilleur moment pour une rencontre.

J’ai essayé de lui expliquer que j’étais bien finalement, seule, que j’avais beau parler rencontre, mariage et bébé, ma vie teuf, picole et liberté elle m’allait bien aussi. Que ça n’avait rien à voir avec lui, mais que peut-être on s’était croisés trop tôt.

Il m’a fait comprendre que de toute façon, il n’avait pas son mot à dire et qu’il me laisserait choisir, évidemment.

Puis il y avait une troisième personne, celle qui nous avait présenté. Et qui n'avait pas vraiment prévu qu'on s'attache l'un à l'autre.

Ceux de mon entourage qui savaient ont regardé d’un drôle d’œil le drôle de couple qu’on formait. Certains avaient l’œil pas drôle aussi, et d’autres ont préféré tourner les yeux. Certains encore se sont contentés de me dire qu’une rencontre comme ça ça n’arrivait pas tous les jours, et que si on s’en donnait les moyens, on pouvait y arriver.

J’ai repensé aux fois où j’avais dit à des hommes que « désolée mais c’est pas le moment, j’ai pas envie d’être deux en ce moment, j’ai des projets, trop de travail, pas assez de temps, pas le courage, trop peur de souffrir, pas assez à donner, trop peur de l’engagement ».

Là, c’était pareil. J’avais pas mal de projets, pas mal de travail, pas beaucoup de temps ni de courage, la peur de souffrir, pas grand chose à donner, et peur de l’engagement. Mais ce que j’avais aussi, c’était une certitude. Celle que je l’aimais, lui.

Et celle que c’était une sacrée bonne raison de continuer.

Je crois qu’il a été soulagé quand je lui ai dit. Pour lui c’était presque une question de vie ou de mort.

Je lu ai pas promis grand chose. Sauf que je l’aimerai, que je ferai au mieux pour le rendre heureux. Je crois que ça lui a suffi.

Depuis, on est heureux tous les deux. On fait confiance à la suite des évènements, en se disant qu’à chaque jour suffit sa peine, et son bonheur aussi.

On se verra, en vrai, pour la première fois, au début du mois de juin. D’ici là, on ne se quitte pas d’une semelle, puisqu’il a élu domicile juste derrière mon nombril.

Kmille, en mode et-bonne-année-les-amis

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15 octobre 2008

On a toute la vie pour se marrer

Je ne suis ni séquestrée, ni atteinte d'un sida du poumon et encore moins d'un cancer du grain de beauté. Pas que je sache en tout cas, mais peut être bien que je cumule, qui sait.

Juste que j'ai un peu de respect pour vous, et que connaissant l'influence considérable de mes mots sur votre vie, je sais qu'écrire un billet aujourd'hui serait vous pousser au suicide collectif.

Ca pourrait être sympa remarquez, on s'habillerait tous en rose pour se retrouver, on mangerait des macarons avant de se plonger la tête dans de l'eau qui ferait des bulles, ou de se couper les veines avec les pages de mon livre.

En attendant de trouver une date qui pourrait convenir à tout le monde ou de sortir doucement mais sûrement de cette drôle de période de turbulence afin d'être en mesure de vous raconter des choses, et si possible pas trop chiantes et un peu pouet pouet, je vous embrasse plutôt affectueusement, mais quand même pas sur les fesses, parce que c'est pas parce que je suis une petite chose fragile qu'il faudrait abuser de moi.

Ne pleurez pas les amis, la bourse reprend du poil de la bête, le tazer n'a plus la côte, Besancenot s'en remettra et Samy Naceri va retourner en prison.

kmille, en mode à-tout-vite

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